Au secours : mon bébé est allergique aux protéines de lait de vache (APLV) ! 🍼🐮 – Le guide des papas

« Heureusement que vous êtes là pour nous guider, parce que les recherches sur internet, c’est fatigant pour un bébé comme moi ! »

Les premiers contacts avec le lait de vache…

Durant les premiers mois de la vie de bébé, le lait maternel est idéal grâce à sa composition unique, qui évolue au gré de ses besoins nutritionnels, immunitaires et hormonaux spécifiques, grâce aux interactions entre la maman et son enfant. Pour ces bébés allaités exclusivement naturellement, les premières allergies et intolérances alimentaires se déclarent le plus souvent lors du début de la diversification alimentaire (à partir de 4 mois), étape d’exploration et de découverte d’une alimentation plus variée, qui les expose à de nombreux allergènes.

Aujourd’hui, nombreux sont les parents qui choisissent ou sont contraints d’adopter l’allaitement artificiel pour leur nourrisson. Dès les premiers biberons de laits en poudre, l’organisme de votre enfant peut réagir négativement et développer des symptômes d’intolérances ou d’allergies, notamment au lait de vache, constituant principal de ces préparations et transformé et enrichi en laboratoire pour correspondre aux besoins et tolérances physiologiques des bébés.

Le saviez-vous ? Le lait de vache standard (entier, demi-écrémé, concentré non sucré) à la consommation infantile est inadapté et à exclure dans la première année de votre bébé, car ses petits organes sont encore immatures (estomac, intestins, reins, etc.) et ne peuvent supporter toutes ces molécules non transformées. Il existe des laits spécifiques pour chaque étape de bébé (laits 1erâge, laits 2ème âge, laits de croissance), leurs compositions ont été adaptées et ils sont souvent enrichis pour apporter tous les micronutriments essentiels à son bon développement (acides gras essentiels, fer, vitamine D, etc.).

Qu’est-ce que l’allergie alimentaire ?

Pour faire simple, l’allergie alimentaire est définie par une réaction immunitaire inappropriée (et souvent excessive) de l’organisme, à la suite de l’ingestion d’une denrée alimentaire. Elles impliquent le plus souvent des immunoglobulines de type E (IgE), anticorps naturellement présents dans l’organisme, qui, une fois en contact avec les molécules de l’aliment, « appellent » d’autres cellules de l’immunité et entraîne alors une réponse inflammatoire importante. Les manifestations physiques de ce phénomène sont souvent immédiates, mais elles peuvent être persistantes dans le temps, voire différées.

Le saviez-vous ? Le risque allergique à un aliment ou une molécule pour un nouveau-né n’est que de 20% lorsqu’aucun des deux parents est allergique, 40% quand un seul des parents présente cette allergie et 60% quand les deux parents sont atopiques.

Quelle différence avec l’intolérance alimentaire ?

Les intolérances alimentaires ne sont pas provoquées par des mécanismes immunitaires. Elles ont des origines diverses comme des déficits en enzymes ou encore des interactions chimiques qui libèrent de l’histamine ou de la tyramine (médiateurs chimiques qui agissent sur le système nerveux). Les signes cliniques sont souvent retardés par rapport à l’ingestion alimentaire.

L’intolérance au lactose (principal glucide du lait) est liée à un manque de production et/ou d’action des « lactases », enzymes qui permettent la digestion de ces sucres au niveau de l’intestin. Ce dysfonctionnement bloque leur absorption dans les cellules et provoque chez le patient des symptômes digestifs modérés à sévères.

Qu’est-ce que l’allergie aux protéines de lait de vache ?

On appelle « APLV » l’allergie à la protéine de lait de vache, c’est une réaction immunitaire excessive impliquant le plus souvent des IgE (anticorps) luttant contre certaines protéines du lait de vache (il en contient plus de 30, toutes potentiellement allergisantes). Ce sont les protéines appelées « bêta-lactoglobulines » et les « caséines » qui sont les plus souvent mises en cause.

L’allergie à la protéine de lait de vache est la quatrième allergie alimentaire chez l’enfant derrière l’œuf, l’arachide et le poisson. Elle touche 3% des nourrissons et est responsable de 12% des allergies alimentaires en pédiatrie. Elle peut s’observer à tout âge, mais débute généralement lors de l’introduction du lait de vache dans l’alimentation du nourrisson.

Le diagnostic repose sur l’interrogatoire du médecin, des tests cutanés (chez l’allergologue) et des tests sanguins (recherche de la présence d’IgE spécifiques). Ces deux tests immuno-allergiques différencient l’allergie de l’intolérance alimentaire.

Quels sont les symptômes possibles de l’allergie au lait de vache ?

L’allergie aux protéines de lait de vache peut provoquer des troubles digestifs (50%) comme des coliques, des ballonnements, des vomissements et des diarrhées, des manifestations cutanées (10 à 40%) comme de l’urticaire chronique, des dermatites atopiques ou de l’eczéma, des troubles respiratoires ou ORL (20 à 30%) comme de l’asthme ou encore de la constipation chronique, le développement d’œdèmes et une prise de poids insuffisante. Plus grave, un choc anaphylactique peut aussi révéler l’allergie aux protéines de lait de vache (9% des cas), mais il survient surtout dans la phase de réintroduction.

Comment accompagner mon bébé dans son alimentation s’il est allergique au lait de vache ?

> Avant la diversification alimentaire :

Le suivi de l’allaitement de bébé par son pédiatre est primordial, il s’appuie sur plusieurs critères : prises de poids, existence ou non de régurgitations, ballonnements, coliques, constipation, diarrhées ou autres manifestations physiques (dermatologiques notamment). Si nécessaire, il proposera un changement de lait et pourra entamer une détection plus précise d’allergie ou d’intolérance par des examens complémentaires.

Si votre enfant a été diagnostiqué d’une APLV par son médecin, l’élimination stricte de toutes les sources de protéines de lait de vache de son alimentation est le seul traitement efficace.

En cas d’allaitement maternel, cela concerne aussi l’alimentation de la maman, car on estime que 20% des protéines de lait de vache ingérées par la mère passent directement dans le lait maternel, ce qui entraîne alors les symptômes allergiques chez le nourrisson.

Pour l’allaitement artificiel, il existe plusieurs alternatives aux laits en poudre standards :

  • Des laits « sans protéines de lait de vache »

Ils sont obtenus en traitant les protéines du lait par différentes techniques : chaleur, filtration et hydrolyse enzymatique. Ils permettent de réduire fortement les protéines, qui n’activent donc plus le processus inflammatoire chez le bébé allergique. Ces préparations sont délivrées par le médecin, uniquement sur ordonnance médicale.

  • Des hydrolats partiels de protéines végétales

Par exemple, celles du riz qui ont un profil protéique très proche du lait maternel. Ces préparations infantiles représentent une approche intéressante en cas de sevrage sans lait animal.

Les produits inadaptés :

  • Les laits hypoallergéniques

Ce sont des préparations infantiles qui ont un effet allergisant moindre grâce à la fragmentation des protéines du lait (hydrolyse partielle). Ils ne doivent pas être donnés à des enfants allergiques, car les protéines sont toujours présentes en quantité et peuvent activer l’action des IgE. En revanche, ces laits sont utiles en prévention de l’allergie au lait, en cas de terrain allergique chez les parents notamment.

  • Les isolats de soja

Ces préparations infantiles à base de protéines de soja concentrées sont spécialement synthétisées pour se substituer aux laits en poudre conventionnels, en cas d’intolérance ou d’allergie au lait de vache. Toutefois, l’ANSES (agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et l’AFSSA (agence française de sécurité sanitaire des aliments) ont émis des mises en garde et déconseillent l’usage de ces préparations pour deux raisons : leur richesse en isoflavones, des phyto-œstrogènes qui peuvent avoir des effets néfastes sur le développement de votre bébé, ainsi que le potentiel allergique du soja. En effet, 15% des enfants allergiques aux protéines de lait de vache sont aussi allergiques aux protéines de soja. Le choix de l’utilisation de ces préparations doit impérativement être décidé, conduit et encadré par un professionnel de santé infantile.

Le saviez-vous ? Le lait d’amande et le lait de soja du commerce ne sont pas adaptés à l’enfant de moins d’un an, ils ne possèdent pas assez d’apports en calcium, glucides, vitamine A, D et B2 et peuvent être sources de phyto-œstrogènes, qui ont des effets sur le développement et le fonctionnement neurologique, endocrinien et immunitaire.
Ne remplacez en aucun cas le lait maternel ou artificiel par des « laits » végétaux, cela peut avoir de lourds impacts sur la santé de votre enfant !

Les laits d’autres espèces animales sont aussi contre-indiqués pour les enfants allergiques, car leur composition protéique est très proche de celle du lait de vache et peuvent alors déclencher l’allergie. De plus, ils sont trop riches en protéines, en sodium et peuvent provoquer des carences en acides gras essentiels, en fer et en vitamines (B dont B9 et B12, C, D et E).

Quelle que soit l’alternative choisie, elle devra se faire sur les conseils d’un professionnel de santé avisé, qui saura ce qui est le mieux adapté à votre enfant.

> Pendant la diversification alimentaire

Tout d’abord, pour découvrir la méthode de la diversification alimentaire pour votre bébé, suivez le guide des papas…

En cas d’allergie aux protéines de lait de vache, tous les produits lactés bovins doivent être proscrits, cela comprend :

  • Le lait sous forme liquide ou déshydratée
  • Les yaourts, fromages blancs et petits-suisses
  • Le beurre
  • La crème fraîche
  • Les fromages
  • Préparations et pâtisseries lactées
  • Et autres dérivés…

Les enfants intolérants au lactose supportent souvent mieux les fromages, qui nécessitent peu ou pas de lactase (enzyme de la digestion) défaillante dans leur cas. Ils peuvent être testés sur appréciation du médecin, en petite quantité et sous surveillance.

En revanche, pas de panique, dans les deux cas, cela ne signifie pas que votre enfant ne peut pas manger de la viande de bœuf, car ce ne sont pas les mêmes protéines dans le lait de vache et le muscle de l’animal. Certains bébés peuvent néanmoins réagir à la viande de veau, à surveiller.

Soyez vigilants aux compositions des produits transformés que vous achetez (même bio), il est très important de décortiquer les étiquettes et la liste des ingrédients, car beaucoup d’entre eux (même les plus anodins) contiennent du lait de vache ou dérivés.

Libérez-vous l’esprit !

Chez Comme des papas, nous avons à cœur d’accompagner la diversification alimentaire des enfants allergiques au lait de vache, c’est pourquoi, pour tous les âges, vous trouverez un filtre « sans lait » qui vous certifie des produits conformes au régime sans protéines de lait de vache de votre bébé (et sans lactose pour les bébés intolérants).

Une manière simple, rapide et sécuritaire pour régaler et éveiller les papilles de vos petits chefs avec nos petits pots et nos soupes « sans lait ».

Des repas bio, sains, frais, sans intermédiaire (venus tout droit de nos ateliers du Loir-et-Cher) et totalement adaptés au régime alimentaire de votre enfant, à partir de 4 mois, et même en abonnement !

Soyez patients et optimistes…

L’allergie peut disparaître avec le temps… On estime que le taux de rémission des enfants allergiques aux protéines de lait de vache est de 80% à 3 ans et de 90% avant 16 ans (étude réalisée par les hôpitaux universitaires de Genève). Votre allergologue ou un pédiatre spécialisé vous proposera sûrement une réintroduction sous surveillance des protéines de lait de vache, tout au long de son développement.

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